A l’honneur de cette newsletter, la scop « Les deux rives ». Société coopérative œuvrant de longue date sur les sujets de l’écologie du bâtiment, la scop les 2 Rives forme, informe, et met en réseau les professionnel·les du cadre de vie bâti et aménagé pour faire évoluer les pratiques.

Son objectif : apporter des réponses construites et collectives face à l’urgence climatique et aux polycrises que nous vivons, pour engager la bifurcation écologique, en promouvant d’autres systèmes.

En vous promenant sur le site de la scop vous trouverez :

  • les « Bulles des 2 Rives ». Séminaires en accès libre co-animés avec les professionnel·les du réseau DDQE, ils proposent des expertises pointues et une vision prospective sur les sujets qui nous animent. (RDV à partir de fin septembre pour le nouveau cycle « S’affranchir – Low-tech & démarches alternatives ») https://scop-les2rives.eu/webinaires/
  • une programmation de formations courtes, en présence et à distance, sur des sujets techniques et d’acculturation (réhabilitation performante, passif, qualité de l’air, changement des pratiques, biosourcés, adaptation au changement climatique, confort d’été…) https://scop-les2rives.eu/catalogue-formation/
  • Faire ensemble & autrement : des ressources et un réseau à mobiliser – avec notamment un annuaire des professionnels #DDQE à venir fin d’année !  https://scop-les2rives.eu/ressources/

Autant d’actions auxquelles Arcanne a le plaisir de participer !

Pour terminer cette présentation, citons la nouvelle formation que nous proposons avec la scop : « Faire le choix des biosourcés – Conception, mise en œuvre et retours d’expériences ». Formation appliquée, nous avons été étonné·es, en la comparant à d’autres, de voir que peu osaient parler des limites des biosourcés. Pourtant il ne nous semble pas utile de les cacher pour maintenir l’envie d’utiliser ces matériaux.

1. Humidité dans les parois. C’est une thématique que nous suivons de près, entre autres parce que nos cœurs battent fort pour le bâti ancien et les matériaux biosourcés, et que savoir gérer finement l’humidité est nécessaire pour être à l’aise avec ces deux sujets. Faisant le point de ses compétences, Samuel Courgey a estimé il y a 5 ans que le dernier gros sujet sur lequel il bosserait concernait la définition des limites et conditions d’emploi des isolants biosourcés en ITI. Grâce à un partenariat avec Enertech et un financement ADEME, ce sujet a été intégré au programme de recherche « Perf in Mind 2 ». (Lien actif)

Pour les adeptes des rapports scientifiques, vous lirez avec intérêt la « Revue de littérature : Sensibilité à la croissance fongique des isolants BS mis en œuvre par l’intérieur », et le rapport « Migration de vapeur en ITI biosourcée – Mesures in-situ en comparaison au calcul WUFI® ».

Pour une 1ére approche, Samuel propose ce 29 septembre midi une webconférence*  » ITI biosourcée : que nous apprennent la recherche et l’instrumentation de parois isolées ? « . (Cliquez pour vous inscrire) 

Enregistrez d’ores et déjà quelques enseignements de ce travail :

  • le sujet est connu, documenté, mais souffre de manques de synthèses ;
  • l’approche normative française, en tenant très peu compte des comportements hygroscopique et capillaire des isolants ne reconnait pas les biosourcés à leur juste valeur, en plus de surestimer les risques encourus lors de leur mise en œuvre ;
  • en revanche le GS20, (groupe étudiant les demandes d’avis techniques des isolants), parce qu’il demande souvent, en ITI, la pose de pare-vapeurs plutôt « fermés » (Sd≥18 voire 90m) au lieu de membranes hygrovariables génère des situations à risque. Il justifie ce choix, qu’il ne fait pourtant pas pour les produits ISOVER®, en citant les cahiers du CSTB 3713 et 3728. Mais on les sait obsolètes sur le sujet.

*Cette webconférence vient clore une trilogie avec Isolation et gestion de la vapeur d’eau : changeons de recettes ! et Mur ancien et humidité : comprendre pour ne pas commettre d’erreurs.

2. DTU 31.2 (Construction bois). En extension du précédent sujet, on peut regretter que le DTU 31.2, principal document accompagnant la construction bois n’ait pas encore, lui aussi, intégré la pertinence des membranes hygrovariables. (Elles sont pourtant utilisées en France depuis plus de 30 ans, entre autres par des charpentiers). Les risques sont moins graves qu’en ITI, mais ceci empêche d’entrevoir la pose d’un système de rafraîchissement. Gageons que la commission qui est en train d’actualiser ce DTU profite de l’été que nous venons de passer pour enfin ajuster ce point. Sinon le risque existe qu’elle se fasse huer lorsque le grand public et les politiques réaliseront que la filière bois a été incapable, en 50 ans, de proposer des parois compatibles avec l’installation de systèmes de rafraîchissement adaptés aux étés actuels.      

3. Deux projets que nous suivons.

. A Crouzet-Migette (25), la construction d’une maison Bois-Terre-Paille. Les propriétaires en sont aux finitions, plus d’infos sur le blog : https://lacabanevegetale.blogspot.com/

. A Salins les bains, Jura, rénovation passive en zone UNESCO. Nous attendons de trouver du temps, ou un budget, ce qui souvent est lié, pour exploiter les centaines de photos et notes prises lors des travaux. En attendant, enregistrez que le logement est habité depuis noël, et que le feu du petit poêle à bois n’a pas eu besoin d’être maintenu (son allumage suffit, surtout le week-end lorsque les habitant·es passent du temps en cuisine). Pour cet été ? Pas de surchauffes constatées, alors  que le propriétaire, menuisier-charpentier de son état, n’a pas encore trouvé le temps de fabriquer les persiennes.

4. Limitons les surchauffes ? Si la situation n’avait pas été dramatique pour de très nombreu·ses habitant·es, (nous avons enregistré 43° en dernier étage à Paris), et plus que dramatique pour la nature, nous pourrions rires du grotesque de la situation. Car nous savons, au moins depuis 2003, que notre parc n’est pas adapté aux canicules. Dans l’urgence, il est complexe de conseiller chacun·e, si ce n’est tout faire pour limiter les sources de chaleur (avoir des protections solaires extérieures, peu utiliser la gazinière, le fer et le four, isoler très fortement ballon d’eau chaude et canalisations d’ECS, fermer toutes les baies en journée et les ouvrir la nuit…), installer des ventilateurs ou ventilateurs-brumisateurs, et boire, boire, boire et boire. En revanche en cas de travaux d’entretien ou de réhabilitation les solutions à mettre en place sont connues, et d’ailleurs présentées depuis au moins 40 ans par les personnes travaillant sur le sujet. (En 1éres ressources la page dédiée d’Arcanne et le site de « Bâtifrais ») 

5. Frugalité heureuse et créative. Il est désormais inutile de présenter cette dynamique, mais si la suivre et la soutenir de loin est bienvenue, participer aux rencontres annuelles est toujours un moment fort. Les prochaines se dérouleront du 15 au 18 octobre à Mulhouse, et à l’heure où nous bouclons cette newsletter il reste encore des places, alors, on s’y donne rendez-vous ?

Lien inscription 7éme rencontres nationales de la frugalité

En savoir plus sur les ressources que nous proposons : www.associationarcanne.com.
Version pdf de la présente newsletter : Lien Newsletter n°12

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